Le congé de naissance 2026 regroupe en réalité deux droits distincts, financés et déclenchés différemment. D’un côté, les 3 jours de congé de naissance, payés intégralement par l’employeur, existent depuis longtemps et ne changent pas. De l’autre, un congé supplémentaire de naissance devient accessible depuis le 1er juillet 2026, financé par l’Assurance maladie. Pour l’entreprise sans service RH, la difficulté n’est pas le montant à payer : c’est de respecter les délais de déclaration et de prévenance, faute de quoi le salarié retarde son indemnisation.
Congé de naissance 2026 : deux droits complémentaires à maîtriser
Il s’appuie sur deux textes différents. Le congé classique de 3 jours ouvrables est accordé à chaque naissance survenue au foyer du salarié, ou à l’arrivée d’un enfant placé en vue d’adoption. Il est fondé sur l’article L3142-4 du Code du travail, qui ne change pas cette année.
Le congé supplémentaire de naissance, lui, est un droit nouveau. Entré en vigueur le 1er juillet 2026, il s’ouvre après les congés déjà existants : maternité, paternité ou adoption.
Les 3 jours de congé de naissance se cumulent avec le congé paternité, et les 7 premiers jours sont consécutifs : l’employeur doit prévoir la non-présence du salarié. Ce congé de paternité et d’accueil de l’enfant, fixé par le Code du travail, dure 25 jours calendaires pour une naissance simple, 32 jours pour une naissance multiple.
Pourquoi un nouveau congé supplémentaire de naissance en 2026
Le congé de naissance 2026, dans sa version supplémentaire, change surtout le mode de financement. Jusqu’ici, allonger la présence des parents auprès de l’enfant passait par un congé parental d’éducation peu rémunéré. Ce nouveau congé est pris en charge par l’Assurance maladie, pas par l’entreprise.
L’objectif est de laisser aux deux parents du temps avec l’enfant, au-delà des congés obligatoires. Cela s’inscrit dans une logique de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, proche des réflexions menées sur la qualité de vie au travail. Le dispositif est accessible depuis le 1er juillet 2026.
Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance
Ce congé concerne les parents salariés du secteur privé, mais aussi les agents publics et les travailleurs indépendants, dès que l’enfant est né ou adopté à partir du 1er janvier 2026. Pour un enfant né avant cette date, le droit ne s’applique pas, même si la demande est faite après son entrée en vigueur.

Cas fréquent en PME : un salarié devient père en mars 2026. Il prend ses 3 jours de congé de naissance puis ses 25 jours de congé paternité. Il peut ensuite demander le congé supplémentaire dès juillet 2026, dans les 9 mois suivant la naissance.
Un couple qui attend deux enfants à des dates différentes peut cumuler deux congés supplémentaires distincts, un par naissance ou adoption.
Durée et indemnisation : ce qui change concrètement
Durée totale du congé et fractionnement
Le congé supplémentaire dure 1 ou 2 mois par parent. Il peut être fractionné en deux périodes d’un mois chacune, non consécutives, à prendre dans les 9 mois qui suivent la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer.

Au total, un parent peut donc s’absenter 3 jours de congé de naissance, puis 25 ou 32 jours de congé paternité, puis jusqu’à deux mois de congé supplémentaire. Ce temps s’ajoute à l’acquisition des congés payés habituels, qui suit des règles propres.
Voici, au 1er juillet 2026, les durées et la rémunération applicables à chacun de ces congés :
Qui rémunère, et combien
Les 3 jours de congé de naissance restent intégralement payés par l’employeur, sans plafond, comme n’importe quel jour de travail.
Le congé supplémentaire suit une autre logique : il est indemnisé par l’Assurance maladie, sous forme d’indemnités journalières. Le taux est de 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026 par décret du 22 décembre 2025.
Obligations de l’employeur : déclaration, prévenance, protection
Déclaration et délai de prévenance
Pour bénéficier du congé supplémentaire, le salarié doit informer l’employeur au moins 1 mois avant la date de début souhaitée. Ce délai tombe à 15 jours si le congé suit immédiatement un congé paternité ou d’adoption. L’information se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par remise contre décharge.

Côté employeur, la déclaration change avec la réforme. De nouvelles modalités de signalement s’appliquent depuis le 1er juillet 2026. Elles déclenchent le versement des indemnités journalières par l’Assurance maladie, avec une subrogation possible, comme pour le congé paternité.
Protection du salarié et risques pour l’employeur
L’article L1225-4-1 du Code du travail interdit de licencier le salarié durant les 10 semaines qui suivent la naissance. Les seules exceptions sont une faute grave sans lien avec celle-ci, ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif totalement étranger à cet événement.
L’erreur que je vois le plus souvent : un employeur qui refuse ou retarde les 3 jours de congé de naissance, en invoquant une charge de travail ponctuelle. Ce congé n’est pas négociable : le refuser expose à un contentieux prud’homal et à des dommages-intérêts.
À votre place, je commencerais par vérifier si la convention collective applicable prévoit une durée de congé de naissance supérieure aux 3 jours légaux : elle peut l’augmenter, jamais la réduire.
Ce que je recommande aux dirigeants sans service RH : noter la date de naissance dans le dossier du salarié dès son annonce. Cela évite de se tromper sur le début du décompte des 10 semaines de protection.
Questions fréquentes
Le congé de naissance 3 jours et le congé supplémentaire sont-ils cumulables, et dans quel ordre doivent-ils être pris ? Oui. Le congé de naissance de 3 jours se prend à la naissance, suivi si besoin du congé paternité de 25 ou 32 jours. Le congé supplémentaire ne s’ouvre qu’après l’épuisement de ces congés, dans les 9 mois suivant la naissance.
Qui paie pendant les 3 jours de congé de naissance : l’employeur ou la Sécurité sociale ? L’employeur paie seul ces 3 jours, sans intervention de la Sécurité sociale. Le congé supplémentaire, lui, est financé par l’Assurance maladie.
L’employeur peut-il refuser, reporter ou imposer une condition d’ancienneté pour le congé de naissance 3 jours ? Non. Ce congé est dû sans condition d’ancienneté, et l’employeur ne peut ni le refuser ni en reporter la prise.
Mon enfant est né avant le 1er janvier 2026, puis-je bénéficier du congé supplémentaire en juillet 2026 ? Non. Ce congé ne s’applique qu’aux enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026, même si la demande intervient après son entrée en vigueur.
Quels sont les risques pour l’employeur en cas de non-déclaration ou de retard de déclaration ? Le principal risque est le blocage ou le retard du versement des indemnités journalières au salarié, source fréquente de réclamation. En cas de situation litigieuse, un avocat en droit du travail peut être consulté avant toute réponse écrite au salarié.
Sources officielles
- Code du travail, article L3142-4 (congé de naissance) : code.travail.gouv.fr
- Code du travail, congé de paternité et d’accueil de l’enfant (articles L1225-35 à L1225-36) : Légifrance
- Code du travail, article L1225-4-1 (protection contre le licenciement) : code.travail.gouv.fr
- Code du travail numérique, « Congé de naissance supplémentaire : ce qui change au 1er juillet 2026 » : code.travail.gouv.fr



