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Congé maternité : durée, maintien de salaire, retour dans l’entreprise

Le congé de maternité : durée légale fixée par le code du travail, indemnités, maintien de salaire et conditions de retour au travail.

Dans cet article
Femme en chemisier revenant à l'espace pause du bureau, plusieurs collègues présents.

Le congé de maternité dure au minimum 16 semaines, réparties en 6 semaines avant l’accouchement et 10 semaines après, pour un premier ou un second enfant. L’employeur n’a aucune obligation légale de maintenir le salaire : seules les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont dues de droit. La salariée est protégée contre le licenciement pendant son absence et doit retrouver son poste, ou un poste équivalent, à son retour.

Durée du congé de maternité : de 16 à 46 semaines selon la situation familiale

La durée de base du congé de maternité est fixée à 16 semaines pour un premier ou un second enfant. Elle se répartit en 6 semaines avant la date présumée de l’accouchement et 10 semaines après, selon l’article L1225-17 du Code du travail.

Femme enceinte en discussion avec un homme dans un petit bureau aux murs blancs.

À partir du troisième enfant, la durée passe à 26 semaines (8 avant, 18 après), dès que la salariée ou son foyer a déjà la charge de deux enfants. Cette règle est fixée par l’article L1225-19 du Code du travail.

En cas de naissances multiples, le congé grimpe à 34 semaines pour des jumeaux et à 46 semaines à partir de triplés, selon l’article L1225-18 du Code du travail. Le congé de maternité ne doit pas être confondu avec le congé de naissance, ouvert au second parent et soumis à des règles propres.

Situation familialeAvant / après l’accouchementDurée totale
1er ou 2e enfant6 + 10 semaines16 semaines
3e enfant et plus8 + 18 semaines26 semaines
Jumeaux12 + 22 semaines34 semaines
Triplés et plus24 + 22 semaines46 semaines

Sur avis favorable du professionnel de santé qui suit la grossesse, jusqu’à 3 semaines de congé prénatal peuvent être reportées après l’accouchement. Un minimum de 8 semaines reste incompressible autour de la naissance, dont 6 obligatoirement après, période pendant laquelle l’emploi de la salariée est interdit, comme le prévoit l’article L1225-29 du Code du travail.

Ce que paie réellement l’employeur pendant le congé de maternité

Aucun texte n’oblige l’employeur à maintenir le salaire pendant le congé de maternité. Le relais financier vient des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), sauf disposition plus favorable d’une convention collective, précise le Code du travail numérique.

Femme assise écoutant attentivement un collègue debout présentant à une table de réunion.

Les IJSS sont calculées sur un quatre-vingt-onzième et quart du salaire brut moyen des trois derniers mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026. Un abattement forfaitaire de 21 % (CSG, CRDS) s’applique ensuite, au 1er janvier 2026.

Pour ouvrir ce droit, la salariée doit être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date présumée de l’accouchement. Elle doit aussi justifier d’un seuil d’heures travaillées ou de cotisations, et cesser toute activité salariée pendant au moins 8 semaines.

Cas classique en PME : une salariée en poste depuis plusieurs années perçoit un salaire confortable, sans accord de branche sur la maternité. Elle touchera l’IJSS calculée dans les limites du plancher et du plafond, mais rien de plus de l’employeur sauf engagement contraire. L’erreur que je vois le plus souvent : la salariée découvre la perte de revenu une fois le congé commencé, alors que l’entreprise aurait pu l’annoncer dès la déclaration de grossesse.

Protection contre le licenciement et droit au retour

Pendant la grossesse médicalement constatée, pendant le congé de maternité, et jusqu’à 10 semaines après son terme, l’employeur ne peut pas licencier la salariée. Les seules exceptions sont une faute grave étrangère à son état ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif qui n’a rien à voir avec la grossesse. C’est ce que prévoit l’article L1225-4 du Code du travail.

Je déconseille fortement d’invoquer une réorganisation ou un motif économique pendant cette période : les juges examinent la chronologie en détail, et la charge de la preuve pèse sur l’employeur.

À son retour, la salariée retrouve son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente. Sans accord de branche ou d’entreprise plus précis, elle bénéficie des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles accordées à sa catégorie pendant son absence.

Une visite médicale de reprise doit être organisée après tout congé de maternité, quelle qu’en ait été la durée. Le service de santé au travail dispose de 8 jours après le retour effectif de la salariée pour la programmer.

Ce que doit vérifier le dirigeant avant, pendant et après le congé

Avant le départ, documentez la déclaration de grossesse, vérifiez l’affiliation de 6 mois, et organisez le remplacement, en CDD, en intérim ou en interne.

Pendant l’absence, ne modifiez ni le poste, ni le salaire de référence, ni les horaires contractuels : ces éléments seront comparés à ceux de la catégorie professionnelle au moment du retour.

Au retour, recalculez la paie en tenant compte des augmentations de la catégorie professionnelle, et restaurez les responsabilités antérieures sans délai : un poste dégradé, même temporairement, s’apparente à une discrimination liée à la maternité.

Convention collective : des droits parfois plus favorables que la loi

Certaines branches ajoutent des semaines au congé légal, ou organisent un maintien de salaire total ou partiel en complément des IJSS, par subrogation. D’autres accords instaurent une prime de naissance versée par l’employeur ou par un fonds de branche. Les semaines du congé comptent aussi comme temps de travail effectif pour le calcul des congés payés.

À votre place, je commencerais par vérifier la convention de branche applicable selon le code APE de l’entreprise, puis l’accord d’entreprise ou de groupe éventuellement signé. En cas de doute sur l’articulation des clauses, un expert-comptable ou un avocat en droit du travail tranchera plus vite qu’une lecture isolée du texte.

Questions fréquentes

Mon salaire est-il maintenu intégralement pendant mon congé de maternité, ou ne vais-je toucher que les indemnités journalières de la Sécurité sociale ? Non, la loi ne maintient pas votre salaire : seules les IJSS sont dues de droit, d’un plancher de 11,12 € à un plafond de 104,02 € par jour au 1er janvier 2026. Un maintien partiel ou total n’existe que si votre convention collective ou un accord d’entreprise le prévoit.

Puis-je être licenciée pendant mon congé de maternité ou juste après mon retour ? Non, sauf exception rare. L’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant la grossesse, pendant le congé, ni dans les 10 semaines qui suivent son terme. Les seules exceptions sont une faute grave étrangère à la grossesse ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif indépendant.

Dois-je obligatoirement retrouver mon poste exact à mon retour, ou l’employeur peut-il me proposer un poste différent ? Vous retrouvez votre précédent emploi, ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente. L’employeur ne peut pas vous imposer un poste dégradé, et vous bénéficiez des augmentations accordées à votre catégorie pendant votre absence.

Ma convention collective peut-elle m’accorder un congé plus long ou un maintien de salaire que la loi ? Oui. Certaines branches allongent la durée du congé ou organisent un maintien de salaire en complément des indemnités journalières. Vérifiez la convention applicable selon le code APE de l’entreprise avant toute réponse définitive.

Sources