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Affichage obligatoire en entreprise : la liste selon l’effectif

Affichage obligatoire en entreprise : obligations légales selon votre effectif. Ce que vous devez afficher dans votre structure.

Dans cet article
Deux professionnels en conversation au bureau, l'un debout, l'autre assis à une table de réunion.

L’affichage obligatoire en entreprise suit trois paliers, selon l’effectif de votre entreprise. Un socle de règles s’impose dès le premier salarié. Deux paliers supplémentaires s’ajoutent à partir de 11 salariés, puis à partir de 50 salariés.

Le nombre d’affichages à tenir dépend donc d’une seule variable : la taille de votre effectif, mesurée sur une durée précise. Avant d’ajouter un panneau ou un fichier partagé, il faut d’abord savoir où se situe votre entreprise sur cette échelle.

Le socle commun : affichages obligatoires dans toute entreprise

Un socle de règles s’applique à toute entreprise, quel que soit son effectif. Dès l’embauche du premier salarié, plusieurs informations doivent être accessibles sur le lieu de travail.

Plusieurs documents affichés sur un mur de bureau avec attaches et épingles visibles.

Ce socle comprend les coordonnées de l’inspection du travail, de la médecine du travail et des services d’urgence, ainsi que le numéro national de lutte contre les discriminations.

S’y ajoutent les consignes de sécurité incendie, les horaires collectifs de travail et l’interdiction de fumer ou de vapoter.

L’accès au document unique d’évaluation des risques professionnels doit aussi être indiqué. Ce document, appelé DUERP, recense les risques du poste de travail et les mesures prises pour les réduire.

Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel font l’objet d’une obligation d’affichage à part, dans tous les lieux de travail et les locaux d’embauche, quel que soit l’effectif. Les articles L1152-4 et L1153-1 à L1153-6 du Code du travail en fixent le contenu, repris par le service public dédié aux obligations d’affichage en entreprise.

Peu importe le support choisi : panneau papier, intranet ou dossier partagé. Le seul critère retenu par les textes est l’accès effectif : chaque salarié, et chaque visiteur concerné, doit pouvoir consulter l’information sans effort particulier.

Affichage obligatoire en entreprise : paliers selon l’effectif

Deux seuils viennent ajouter des obligations au socle commun : 11 salariés et 50 salariés. Chacun se calcule sur une période de douze mois, pas sur un simple instantané.

À partir de 11 salariés : mise en place du CSE et affichage de la liste

Le seuil de 11 salariés se calcule sur douze mois consécutifs, et non sur l’année civile. Si l’effectif redescend sous 11 un seul mois durant cette période de référence, le compteur de douze mois repart de zéro, selon l’article L2311-2 du Code du travail.

Grand panneau blanc d'affichage dans le couloir d'une entreprise, avec texte de biais.

Une fois le seuil atteint pendant douze mois consécutifs, l’employeur doit organiser les élections professionnelles pour mettre en place le comité social et économique, le CSE (l’instance qui représente les salariés auprès de la direction). La liste nominative des membres élus, avec leur emplacement de travail, doit ensuite être affichée ou communiquée à l’ensemble du personnel.

Le CSE n’est pas qu’une question d’affichage : il doit aussi être consulté dans certaines procédures, par exemple avant un licenciement économique touchant plusieurs postes.

Ce qui surprend le plus les dirigeants : l’obligation persiste même si l’effectif redescend ensuite sous 11 salariés. Le CSE mis en place reste en fonction jusqu’à la fin de son mandat.

Cas classique en PME : une entreprise embauche son onzième salarié en cours d’année, puis perd un poste quatre mois plus tard. Le compteur de douze mois repart alors à zéro, et l’obligation d’organiser des élections ne s’impose que si l’effectif retrouve 11 salariés pendant une nouvelle période continue de douze mois.

À partir de 50 salariés : règlement intérieur, index égalité, affichage syndical

Le seuil de 50 salariés suit la même logique de calcul, sur douze mois consécutifs. Une fois ce seuil confirmé, l’employeur dispose d’un délai supplémentaire de douze mois pour établir son règlement intérieur, selon l’article L1311-2 du Code du travail.

En pratique, le document doit être prêt au plus tard vingt-quatre mois après le premier mois où l’effectif a atteint 50 salariés. Douze mois servent à confirmer le seuil, puis douze mois à rédiger et diffuser le texte.

Le règlement intérieur fixe les règles de discipline, d’hygiène et de sécurité applicables dans l’entreprise. Il doit être porté à la connaissance de toute personne qui a accès aux lieux de travail, y compris les candidats à l’embauche.

L’affichage papier n’est plus une obligation en soi : une diffusion numérique accessible à tous les salariés est admise, selon les articles R1321-1 et L1321-1 du Code du travail.

L’entreprise doit calculer chaque année son index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce calcul s’impose à partir de ce même seuil de 50 salariés. Elle doit le publier sur son site internet au plus tard le 1er mars, selon le ministère du Travail. Sans site internet, l’index doit être communiqué à chaque salarié par tout moyen : affichage, courrier ou courrier électronique.

Cet index mesure les écarts de rémunération et de représentation entre les femmes et les hommes dans l’entreprise. Il s’inscrit dans une évolution plus large, documentée par les chiffres sur les femmes au travail en France.

Dernière obligation propre à ce palier : des emplacements distincts doivent être réservés à l’affichage syndical, séparés des panneaux du CSE. Chaque organisation syndicale représentative dans l’entreprise y dispose de son propre espace.

La convention collective applicable peut imposer des emplacements ou des contenus supplémentaires : mieux vaut la consulter avant de fixer le nombre et la taille des panneaux.

ObligationSeuil d’effectifDélai d’application
Socle commun (sécurité, harcèlement, DUERP)1 salariéDès l’embauche
Élections CSE et affichage de la liste11 salariés12 mois consécutifs
Règlement intérieur50 salariésJusqu’à 24 mois
Index égalité F/H et affichage syndical50 salariésPublication avant le 1er mars

Erreurs fréquentes et conséquences juridiques

L’erreur que je vois le plus souvent chez les dirigeants de TPE-PME, c’est de croire que l’affichage obligatoire en entreprise ne concerne que les grandes structures. C’est faux dès le premier salarié, et les paliers de 11 et 50 salariés ajoutent des obligations supplémentaires, pas un remplacement du socle.

Seconde erreur fréquente : oublier de mettre à jour l’affichage après un dépassement de seuil. L’obligation reste exigible même si l’effectif redescend ensuite. Un CSE mis en place ne disparaît pas parce que l’entreprise perd un poste l’année suivante.

Troisième erreur : laisser filer les délais de douze ou vingt-quatre mois. Au-delà, l’entreprise s’expose à une mise en demeure de l’inspection du travail, puis, en l’absence de correction, à une sanction.

Ce que je recommande : garder une preuve de la mise à disposition de chaque document, qu’il s’agisse d’une capture d’écran de l’intranet ou d’un accusé de réception. Cette preuve pèse lourd en cas de contestation.

Risques et accompagnement professionnel

Le calcul de l’effectif n’est pas toujours simple : certains contrats comptent à temps plein, d’autres au prorata, certaines absences s’excluent du décompte. En cas de doute sur la méthode, un expert-comptable ou un avocat en droit du travail peut sécuriser le calcul avant que le seuil ne soit officiellement atteint.

Deux personnes en consultation face à face à un bureau en bois, avec dossiers et agenda.

Le contenu du règlement intérieur peut aussi poser question. Une situation de harcèlement peut aussi devoir être traitée en parallèle de l’affichage. Dans ces cas, mieux vaut consulter un avocat spécialisé en droit du travail, avant toute communication écrite aux salariés concernés.

En cas de contrôle de l’inspection du travail, la première conséquence est généralement une mise en demeure, assortie d’un délai pour se mettre en conformité. Ce n’est qu’en l’absence de correction que l’amende ou le contentieux suivent. Reprendre un point sur l’affichage obligatoire en entreprise avant un contrôle évite souvent cette étape.

À votre place, je commencerais par vérifier la date exacte où chaque seuil a été franchi, avant de m’inquiéter du contenu précis des panneaux. Le calendrier détermine tout le reste.

Questions fréquentes

L’affichage numérique peut-il remplacer l’affichage papier obligatoire ?

Oui, pour la plupart des documents, à condition que chaque salarié y ait un accès effectif. Le règlement intérieur, par exemple, peut être diffusé uniquement par voie numérique dès lors que tous les salariés concernés peuvent le consulter sans contrainte, selon les articles R1321-1 et L1321-1 du Code du travail. Le critère retenu reste l’accès réel à l’information, pas le support utilisé.

Que risque concrètement un employeur qui ne respecte pas ces obligations ?

Les sanctions varient selon le document manquant. Pour le règlement intérieur, l’amende maximale est de 750 € pour une personne physique et de 3 750 € pour une personne morale, en vigueur au 31 octobre 2026, selon l’article R1323-1 du Code du travail. Une sanction disciplinaire prise en l’absence de règlement intérieur conforme peut aussi être annulée devant les prud’hommes.

À partir de quel effectif une TPE doit-elle mettre en place le CSE, et comment calcule-t-on le délai ?

Le seuil est de 11 salariés, atteints pendant douze mois consécutifs, et non sur une simple année civile. Si l’effectif redescend sous ce seuil un seul mois durant cette période, le compteur de douze mois repart à zéro, selon l’article L2311-2 du Code du travail.

Une entreprise de moins de 50 salariés est-elle dispensée de toute obligation liée au règlement intérieur ?

Oui pour le règlement intérieur lui-même, qui ne devient obligatoire qu’à partir de 50 salariés. Mais le socle commun s’applique dès le premier salarié : consignes de sécurité, horaires collectifs, accès au document unique d’évaluation des risques et règles relatives au harcèlement moral et sexuel.

La convention collective peut-elle imposer des affichages supplémentaires ?

Oui, une convention collective de branche peut ajouter des obligations au-delà du Code du travail, notamment sur les emplacements syndicaux, les procédures disciplinaires ou certaines primes. Il est utile de la consulter avant de finaliser le contenu des panneaux d’affichage.

Sources

  • Code du travail, article L1311-2, règlement intérieur : Légifrance
  • Code du travail, article R1323-1, sanction pénale : Légifrance
  • Code du travail, articles R1321-1 et L1321-1, diffusion du règlement intérieur : Légifrance
  • Service-public, obligations d’affichage en entreprise : Entreprendre.Service-Public